08 avril 2004
Les lâches islamistes tendent un guet-apens à Caroline Fourest et Fiammetta Venner (par Kébir Jbil)
Au sein même de l’Institut du Monde Arabe, reconnu dans le monde entier pour son sérieux, nos réputées défenderesses de la France, de la République et de la Laïcité sont prises au piège intégriste musulman. Le 31 mars, Caroline Fourest et Fiammetta Venner, venues pour présenter leur livre « TIRS CROISES, la laïcité à l’épreuve des intégrismes", étaient attendues par un comité d’accueil des plus virulents : J’ai honte pour l’Islam.
Jusqu’à quand nos politiques vont-ils laisser glisser cette situation désastreuse ? Ce n’est plus une quelconque culpabilité de la part de nos gouvernants vis à vis d’un passé, mais plutôt de la complicité. Une multitude de spécialistes, d’intellectuels, de politiques et de responsables associatifs tirent depuis longtemps la sonnette d’alarme : L’intégrisme musulman gagne du terrain, et élimine au passage l’islam dit modéré.
Quand est-ce que le gouvernement comprendra que la seule manière d’assurer la paix civile est d’imposer des conditions aux représentants des musulmans, en échange de la constitution du CFCM. C’est la seule chance pour que l’Islam aujourd’hui étouffé par l’intégrisme puisse ressurgir et épouser la République.
Dans tous les cas cet épisode ne fait que renforcer les convictions des maghrébins laïques dans la lutte contre le pire ennemi de la République et de l’humanité : L’intégrisme musulman et tous ceux qui le soutiennent, qu’ils soient politiques, associatifs ou institutionnels.
Voici la description par Fiammetta Venner de ce qui ressemble à un lynchage :
"Merci,
Je tenais à vous remercier pour les nombreux messages de soutiens que nous avons reçus suite au traquenard du 31 mars dernier à l’Institut du Monde Arabe. Si je ne me suis pas exprimée plus tôt, c’est par réelle incapacité. La violence du moment a mis du temps à se transformer en quelque chose de non destructeur.
La connivence du représentant de l’Institut du monde arabe avec le Hezbollah m’a fait tomber de haut. Les injures racistes sexistes et homophobes proférées par le petit commando ne m’ont pas autant fait mal que le visage atterré de quelques participants qui écoutaient les larmes aux yeux dire que "al qaïda est un groupe insignifiant" ou que "les frères musulmans étaient un parti de libération populaire" ou encore que les partisans de deux états, un état palestinien et un état israélien étaient "à la solde de l’état major israélien".
Aux citations tronquées de notre livre ont succédées aux véritables menaces physiques. Ce qui s’était passé n’avait rien avoir avec un débat. D’ailleurs le représentant de l’Institut du monde arabe nous l’avait signifié, en nous expliquant que nous ne pouvions pas présenter le livre mais que nous devions écouter ce que "ses" amis avaient à nous dire. Ce qui s’était passé n’avait même pas les avantages d’une rixe où mes quelques bases d’art martiaux auraient pu me libérer de cette mauvaise page.
Au lieu de celà, j’ai dû me résoudre à faire putching ball, en attendant d’être escortée vers la sortie. Les douze premières heures ont été difficiles à vivre. Les moment de fureur ont succédé à la crainte physique et aux pleurs nerveux avec en voix off ma propre culpabilité.
Pourquoi me suis-je fourrée dans cette situation ? J’avais vu les listes de diffusion pro-islamistes diffuser l’appel à la réunion. Pourquoi ne me suis-je pas levée au bout de cinq minutes ? J’ai eu envie de tout laisser, de faire ma valise et de laisser ce pays aux mains de ces gens là. Au fond, n’ai-je pas déjà assez fait ?
J’ai enfin compris la lettre de démission envoyée par Bétoule Fékar Lambiotte à Nicolas Sarkozy au moment du CFCM, lorsqu’il a offert l’islam de France à l’UOIF. Elle expliquait qu’elle ne pouvait pas participer en France à ce qui avait tué l’Algérie... Le lendemain, bien que n’ayant toujours pas dormi, plusieurs participants nous ont appellé. Ils étaient atterrés de ce qui s’était passé. Deux d’entre eux, Tewfik Allal et Jean-François Chalot, ont raconté ce qu’ils avaient vu et vécu. Je les en remercie. Il nous était impossible de le faire. Nous n’avions pas encore récupéré.
Suite à leur témoignages, vos encouragements sont arrivés, nombreux, chaleureux, inquiets mais aussi nous demandant de continuer. Il est impossible de continuer comme si rien ne s’était passé. Depuis que Caroline et moi avons décidé d’assumer de combattre simultanément les intégrismes juif, chrétien et musulman, les choses ne sont plus aussi faciles que quand nous ne combattions que l’intégrisme chrétien. Nous avions, à Prochoix, décidé de répondre par l’écrit mais les attaques ont redoublé.
Et nous ne sommes pas les seuls. Les membres de la commission Stasi qui ont pris des positions courageuses se sont vu menacer de mort. Une infirmière bien connue des quartiers, qui a témoigné à la commission Stasi, s’est vue signifier quelle "finirait dans une cave". Plusieurs participantes de Ni putes ni soumises se sont vues insultées. Des militants nationalistes arabes qui les soutiennent se sont fait traiter d’"arabes enjuivés". Localement des militants antiracistes d’origine algérienne ou iranienne, réfugiés parce qu’ils ont fui les intégristes dans leur pays, ont vu leurs amis soutenir les partisans du GIA en France.
Face à celà, il y a deux solutions : baisser la tête en attendant qu’on nous la coupe (et j’avoue que le 31 au soir, j’y ai pensé) ou résister, ensemble, systématiquement. Une phrase me revenait en tête comme un regret, dans les jours qui ont suivi : au moins dans une guerre civile, tous les combattants ont une arme... là, je ne peux pas tirer.
Une semaine plus tard, je réalise que ce n’est pas tout à fait vrai. Nous avons des stylos, et des ordinateurs, des sites internet, une revue, des téléphones et des fax. Contrairement aux résistants à l’islamisme dans les pays musulmans, nous ne sommes pas entre l’enclume et le marteau. La liberté d’expression existe. Désormais, nous appliquerons à la lettre, la méthode que nous avons employée contre les intégristes chrétiens.
1- Nous parlerons par tous les moyens, de tout exemple de personne diffamée, injuriée, attaquée.
2- Nous dénoncerons toute collusion entre l’extrême droite religieuse (chrétienne, musulmane ou juive) les associations et les individus qui n’en font pas encore partie. Nous demanderons des explications à toutes les associations et leurs soutiens dont certains membres ont été impliqués dans ces collusions et nous publierons leurs réactions.
3- Nous n’hésiterons plus à poursuivre en justice tout acte diffamatoire, injurieux ou menaçant à notre égard. En octobre, nous ne l’avons pas fait contre une association qui démarrait une campagne de diffamation à l’égard de Prochoix. Nous le regrettons aujourd’hui. Nous porterons systématiquement plainte, car il faut remettre du droit dans toute cette folie."
Fiammetta Venner, directrice de publication de ProChoix
04 décembre 2003
Emission Campus (avec Caroline Fourest de la revue Prochoix)
Jeudi 4 décembre au soir, sur le plateau de « Campus », l'émission de Guillaume Durand diffusée sur France 2, Caroline Fourest, Claude Allègre, Xavier Darcos, Dalil Boubaker, Jacques Alain-Léger, Pascal Bruckner et Tariq Ramadan étaient invités à débattre de la laïcité. Le professeur suisse, mais surtout ambassadeur du réformisme néo-salafiste des Frères musulmans est arrivé dans les coulisses de France 2 entouré d'une cour : huit gardes du corps et deux filles voilées.
Les deux jeunes filles voilées, récemment converties, ont réclamé à être sur le plateau : "pour représenter l'immigration". Ce qui a quelque peu perturbé les membres de l'équipe TV, dont certaines étaient vraiment issues de l'immigration. On aurait aimé filmer l'échange assez comique survenu entre Fiammetta Venner*, Dalil Boubaker et les deux jeunes filles. Fiammetta Venner et le recteur de la Mosquée de Paris s'adressant tous deux en arabe aux deux jeunes filles, perdues et ne comprenant pas un mot, jusqu'à ce qu'elles avouent s'être récemment converties et ne pas parler un mot d'arabe. Ce qui a suscité ce conseil ironique de Fiammetta Venner : "Un conseil, avant de vous voiler, apprenez au moins à lire le Coran dans le texte !" Elles n'ont pas obtenu d'être sur le plateau.
Pendant ce temps, les gardes du corps de Ramadan se sont séparés en deux groupes pour prendre place dans les loges dans deux endroits différents, tout en restant en contact par tawlkie-walkie et non sans se priver de jeter des regards menaçants aux autres invités. Au point qu'un responsable de la sécurité de France 2 a tout de même fini par s'inquiéter à haute voix devant les invités médusés : "La production est vraiment inconsciente. Vous n'avez aucune idée de qui est Ramadan. Vous auriez du être clairs. Il n'est pas question que je laisse entrer des hommes en armes sur le plateau" !
Étaient-ils vraiment armés ? Impossible de le vérifier. En tous cas, ce happening et la nervosité des services de sécurité obligés de tenir à distance les invités du clan Ramadan ont planté le décor. Une mise sous terreur en bonne et due forme qui laisse imaginer le calme et le cran qu'il a ensuite fallu àux contradicteurs de l'islamiste. En particulier à Caroline Fourest qui a révélé à ceux qui en doutaient le danger que représente Tariq Ramadan.
Le reste est de l'histoire télévisée habituelle : un débat confus, qui aura une fois de plus donné de la visibilisé à un démagogue. Il y a 20 ans, un autre démagogue frappait à la fenêtre des médias français. Et, au nom de la liberté d'expression, nous avons laissé parler Jean-Marie Le Pen, et parler et parler. En 1995, 139 heures de télévision lui ont été consacrées… contre trois heures en 1985.
Après « Campus », Ramadan passera chez Franz Olivier Giesberg (« Cultures et dépendances »). Décidément, l'histoire ne sert à rien.
Campus Ramadan/Fourest
Vidéo envoyée par prochoix
