Qui est Tariq Ramadan ?

Qui est tariq ramadan ? La question reste posée. Plusieurs observateurs comme C.Fourest ont decrypté son double discours. Tariq Ramadan est l'ambassadeur des Frères Musulmans en Europe. Il conserve des alliés fidèles au sein de la gauche obscurantiste

12 mars 2007

A propos de Tariq Ramadan et de l'ULB (par Caroline Fourest)

carolinefourest6Entendre Tariq Ramadan dénoncer la censure me fait toujours sourire… Lui qui a demandé dans la presse suisse le retrait d’une pièce de voltaire sur Mahomet en 1993 au nom de la « délicatesse » et qui a fait ses études islamiques sur le campus de l’institut intégriste ayant mené campagne contre Salman Rushdie…

Je comprends très bien ceux qui — ne connaissant pas le personnage — se disent choqués pas la décision de ne pas lui accorder une tribune de plus. Personnellement, ayant étudié ses cassettes et ses livres, je connais trop le personnage et l’islam liberticide qu’il prône pour être autant émue. En tout cas, je comprends que l’ULB n’ait pas eu envie de lui servir de tribune. Pour tout vous dire, j’avais fini par croire que l’Université partageait sa hantise de l’islam moderniste à force de l'y voir intervenir ces dernières années.

Je ne vois pas très bien à quel titre il peut prétendre lutter contre les discriminations. Même s’il fait toujours très attention à rester mesuré dans ses interventions publiques, dans ses cassettes et dans certains de ses livres, il défend un islam fondamentaliste, patriarcal, sexiste et homophobe. L’inviter au titre de la lutte contre « l’islamophobie », c’est un peu comme inviter un intégristes chrétien à parler de la  « christianophobie » — dont il se sentirait victime de la part des laïques. Je trouve normal que ce genre de discours soit bien vu par certains groupes religieux mais je ne vois pas très bien pourquoi une Université du libre examen devrait l’encourager. Les musulmans modernistes ont déjà très peu d’espace pour résister à l’islamisme. Ils n’ont pas besoin qu’on invite à leur place des fondamentalistes. Or Tariq Ramadan considère les musulmans modernistes comme des « musulman sans l’islam », occidentalisés, parce qu’il place l’esprit critique et le rationalisme au-dessus de la foi. Le problème, c'est qu'il ne le dira jamais ainsi devant un public universitaire. D'où la difficulté de penser pouvoir se faire une idée en l'entendant lors d'un débat contradictoire. Les livres, les siens comme ceux écrits sur lui, sont là pour ceux qui souhaitent se faire une opinion grâce à leur esprit critique et non sous le coup de l'émotion.

Caroline Fourest

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03 mars 2007

Pétition : Soutenons l'ULB et les valeurs du Libre Examen

tariqramadan_donnantleconCensurer Tarek Ramadan?

Censurer, c'est interdire d'exprimer une opinion.

Quand, interrogé publiquement sur la pratique da la lapidation, T.Ramadan se montre incapable de donner la seule réponse humainement défendable: c'est une abomination, il ne défend plus une opinion, il se met lui-même en-dehors de l'espace des opinions défendables dans une démocratie.

Ou alors décidons d'appeler censure le refus d'inviter dans notre Université des individus défendant publiquement la torture.

Quand T.Ramadan évite systématiquement de se positionner clairement concernant la question centrale de la laïcité politique - le refus de la confusion des pouvoirs religieux et politique - il ne défend pas une opinion démocratique, il défend une position intégriste; l'intégrisme n'est pas une opinion, il est la négation même de l'espace politique rendant possible la libre émergence et le libre débats d'opinions. Ou alors, décidons d'appeler censure le refus d'inviter dans notre Université des individus défendant publiquement des positions d'extrême-droite.

Quand T.Ramadan qualifie de "Musulmans passés à la lessiveuse" tous les Musulmans non fondamentalistes, il ne défend pas une opinion, il pratique, pour le moins, de la discrimination.

Ou alors décidons d'appeler censure le refus d'inviter dans notre Université des individus qui injurient publiquement d'autres individus.

Pour signer la pétition : http://www.petitionspot.com/petitions/soutienulb

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Pourquoi l'ULB refuse la venue de Tariq Ramadan

tariqramadan_hurlantCOMMUNIQUÉ DE PRESSE
Bruxelles, le mardi 27 février 2007

Le cercle des étudiants Arabo-Européens a adressé un courriel au recteur de l’ULB le 6 février dernier mentionnant leur souhait d’inviter Tariq Ramadan à « une conférence avec comme thématique le racisme et les discriminations ».

Le 19 février dernier, le recteur répondait ceci :

« Les débats, indispensables à l’exercice de la démocratie, ne sont acceptables en son sein qu’à la condition expresse que tous les participants poursuivent clairement et sans ambiguïté une visée commune : celle du respect et de la défense des fondements mêmes de l’esprit démocratique. De ce fait, un débat démocratique ne saurait en aucun cas être une injonction faite à la démocratie de s’asseoir sur ses principes, et cela, au nom de l’évocation de ces mêmes principes.

Comme il est stipulé dans l’article 30 de la Déclaration des droits de l’homme : « ''Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés. » En vertu de ce principe auquel notre université est particulièrement attachée, nous ne pouvons pas réserver une réponse favorable à votre demande. D’autre part, l’université n’est pas un lieu où toutes les positions peuvent se manifester au nom de la liberté d’expression : l’université est une institution libre, elle n’a ni le rôle ni les obligations d’un Etat, et on ne saurait donc la taxer d’empêcher la liberté d’expression de personnes qui ont par ailleurs de multiples moyens de diffusion de leurs idées (Internet, livres, médias).'' »

La manière dont l’article du Soir de ce matin relate l’affaire pourrait porter à confusion. On a le sentiment, en effet, qu’un panel de personnalités (Didier de Laveleye, Philippe Grollet, Mohsin Mouedden) ont d’ores et déjà marqué leur accord pour un débat contradictoire avec Tariq Ramadan. Or, c'est suite au refus de l’Université que le cercle étudiant a, par exemple, envoyé, par mail, une invitation à Philippe Grollet, ce dimanche 25 février, sans préciser d'ailleurs que ce serait pour débattre avec Tariq Ramadan. Philippe Grollet, ayant d’ailleurs formulé des réserves quant à sa propre participation, s’étonne donc à juste titre de voir son nom associé à ce projet ce matin dans la presse.

Ce contexte de mensonge et de manipulation vaut la peine d’être évoqué car il est répétitif autour de la personnalité de Tariq Ramadan avec des transformations de programme de dernière minute.

L’Université s’est engagée dans une réflexion de fond sur ce que veut dire la défense des valeurs au XXIe siècle. Aussi l’expérience nous conforte-t-elle dans l’idée qu’elle ne doit pas être la vitrine de débats qui menacent de pervertir l’esprit de la démocratie.


Source : ProChoix

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Pourquoi l'Université Libre de Bruxelles (ULB) a pris cette décision au sujet de Tariq Ramadan

ulbLe Libre Examen aujourd'hui : ni Munich ni la Chasse aux sorcières

Carte blanche Philippe Vincke (Recteur de l'ULB) et d'Emmanuelle Danblon (Conseiller du recteur pour les projets « Valeurs » de l'ULB)

Toute restriction des libertés est un problème pour les démocrates. Nous en sommes profondément conscients. Mais nous sommes aussi conscients du fait que la liberté sans conscience peut s'avérer dangereuse pour la démocratie. Coupée de son esprit, brandie comme un slogan, elle peut devenir la pire des tyrannies. En ces temps difficiles où la démocratie est en crise, et avec elle ses valeurs fondatrices, la liberté doit être plus que jamais sauvegardée dans son principe mais aussi dans sa réalité.

Deux menaces pour la liberté s'offrent aux sociétés ouvertes. La première consiste à s'accorder, par principe, avec toute position, quand bien même elle serait controversée au point de faire l'objet d'inquiétudes légitimes. C'est ce que Daladier et Chamberlain ont fait à Munich, face à Hitler en 1938. La deuxième menace consiste à refuser, par principe, toute liberté d'expression à celui qui s'écarte d'une ligne de conduite officielle. C'est ce que firent les Américains du temps de la Chasse aux sorcières. Dans les deux cas, c'est la mort de la démocratie. Dans le premier, parce qu'elle aura permis qu'un régime non démocratique la remplace ; dans le second, parce qu'elle aura elle-même produit la censure.

Notre volonté est d'ouvrir une troisième voie face à ces deux extrêmes, en attirant l'attention de la communauté sur la montée de discours potentiellement obscurantistes, même si ceux-ci adoptent un langage politiquement correct. Aucun d'entre nous n'accepterait la venue sur le campus d'un leader d'extrême droite xénophobe. Nous avons le devoir de ne pas faire deux poids et deux mesures. Depuis quelque temps, certains discours, certaines pratiques et certaines revendications qui mettent en péril la laïcité politique, garante du vivre ensemble, sont devenus courants sur le campus. Depuis quelque temps, l'Université s'en est émue. La question est complexe, comme elle l'est pour la démocratie dans son ensemble. Les réflexions de fond sur les limites de la liberté et de sa protection se sont engagées. En particulier sur les conséquences sociales et psychologiques que provoquent sur les esprits les discours équivoques sur les libertés individuelles, l'homosexualité ou l'égalité entre les hommes et les femmes.

C'est en effet la première fois que l'Université prend la décision de refuser qu'une conférence de M. Tariq Ramadan se tienne dans ses locaux. L'émoi est grand, pour l'ensemble de la communauté. Le geste n'est pas anodin, parce qu'il nous engage sur le chemin difficile de cette troisième voie. M. Ramadan est déjà venu de nombreuses fois s'exprimer sur notre campus. À chaque fois, les défenseurs de la liberté s'en sont émus. Jusqu'ici, nous n'avions pas voulu réagir, et cela au nom de la liberté d'expression. Mais force est de constater que ses multiples venues n'ont pas contribué au vivre ensemble sur le campus. Faut-il rappeler que Tariq Ramadan ne condamne jamais clairement la lapidation des femmes, même lorsqu'on le lui demande ? Au contraire, depuis quelque temps, les malaises, les tabous, les peurs d'évoquer certaines théories scientifiques ou certains faits historiques au grand jour sont devenus visibles et palpables. Combien d'enseignants vous raconteront que des sujets comme la théorie de l'évolution, comme le génocide des Juifs d'Europe, comme les droits de l'homme sont devenus source de suspicion, voire d'agressivité affichée ?

À chaque tentative d'exprimer des inquiétudes sur ces questions, la réponse immédiate revient comme un slogan au nom du Libre Examen. Elle s'accompagne, en outre, de glissements, d'amalgames, voire d'accusations délirantes faites à ceux qui expriment leur inquiétude et qui se trouvent taxés de racisme, d'élitisme culturel et d'intolérance. Et ceux qui font l'objet de ces doutes se mettent alors dans le rôle de la victime contre l'oppresseur, si payant aujourd'hui. Bien sûr, de telles accusations s'attaquent directement à ce qu'il y a de plus précieux pour ceux qui ont le courage de s'engager dans cette difficile réflexion : leur volonté d'exercer un jugement libre, sans dogme, sans pressions extérieures et sans stigmatisations. C'est la raison pour laquelle, par souci de libre examen, ils revoient, encore et encore, leurs positions. Car le doute ne semble paralyser que certains aujourd'hui et c'est tout à leur honneur. Mais ce doute, moteur du libre examen, ne peut être interprété que comme de la faiblesse aux yeux de ceux qui ne doutent pas. Le résultat est ce à quoi l'Université doit faire face aujourd'hui : une tyrannie de fait opposée à la réflexion de fond et aux protections qu'elle entend se donner pour pouvoir douter sereinement.

Toute objection de principe est ravalée au rang de tyrannie et le débat public prend à tout moment le risque de devenir une mise en scène de débat dans lequel les jeux sont faits d'avance. Combien sont venus nous apporter leur soutien en ces temps difficiles, en demandant qu'on ne mentionne pas leur nom « parce qu'ils ont déjà assez de problèmes ». Où est la tyrannie ?

Enfin, l'Université est fière d'avoir en son sein des forces vives dont le rôle et la fonction sont la vigilance. Mais cette vigilance n'a de sens que si elle demeure elle-même libre de tout dogme et si elle ne se transforme pas en attitude contestataire sans autre forme de procès qu'un soutien inconditionnel à ceux qui ne doutent pas. Parce que leurs valeurs n'autorisent pas le doute. L'ULB a combattu le nazisme, elle a combattu l'élitisme et le conservatisme d'institutions archaïques qu'elle a contribué à réformer, elle a combattu pour le droit des femmes à disposer de leur intégrité physique et psychologique. Tous ces combats, elle les a menés avec la force et le courage qu'il faut à la persévérance qui ne cesse jamais de douter. Nous espérons que l'Université sera aujourd'hui encore capable de mener ce combat pour la liberté, pour que soit possible le vivre ensemble, dans une troisième voie qui refuse Munich comme la Chasse aux sorcières.


Source : www.pressbanking.com

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01 mars 2007

Le point de vue du Cercle du Libre Examen

cerclelibreexamenUne laïcité qui choisit ses interlocuteurs est une laïcité qui doute

Simplement réaffirmer nos valeurs, le libre examen. » Sur ce point, le Cercle du Libre Examen est en parfaite adéquation avec les autorités de l'ULB. C'est lorsqu'il s'agit de traiter des méthodes employées que notre chemin s'éloigne du leur. Réaffirmer nos valeurs, oui ! Mais à quel prix ?

Le recteur nouvellement élu a, dès sa mise en place, désiré réaffirmer les valeurs au sein de notre université. Pour ce faire, M. Philippe Vincke a créé le poste de conseiller à la défense de nos valeurs ; poste occupé à cette heure par Mme Emmanuelle Danblon. Dans cette optique, les autorités se sont attelées à la réalisation d'un « chantier-valeurs » dans le but avoué de défendre et promouvoir les valeurs du libre examen.

C'est avec un engouement certain et un soutien réaffirmé à maintes reprises que le Cercle du Libre Examen a accueilli cette initiative. Le Librex a d'ailleurs souhaité travailler, de concert avec Mme Danblon, à la réalisation de cette tâche difficile qu'est de reconquérir la population estudiantine et de lui permettre d'acquérir, à nouveau, ce sentiment d'identité libre-exaministe.

Dans Le Soir du mardi 27 février, nous avons eu la surprise d'apprendre que le recteur de l'ULB a « refusé d'accorder l'autorisation » et - pour être plus objectif - a interdit la venue de Tariq Ramadan en nos murs, invité à un débat contradictoire organisé par des étudiants du CEAE (Cercle des étudiants arabo-européens) et qui s'inscrivait dans une semaine d'activités contre le racisme, ne pouvait que nous émouvoir et nous interpeller et ce, plus particulièrement à l'heure où la censure, l'autocensure et, de façon générale, le consensualisme et une idéologie du politiquement correct s'emparent du débat dès lors que les thèmes abordés soulèvent des questions de société délicates.

Il s'agit de la part des autorités d'une décision arbitraire et unilatérale. Une telle ingérence des autorités dans la vie culturelle de l'Université Libre de Bruxelles a fait naître un malaise au sein de la population étudiante. Une question s'impose : que doit-on comprendre derrière l'attitude adoptée par les autorités quant à ce débat, organisé par des étudiants membres d'une association reconnue officiellement par l'Université ?

Ce n'est pas réellement la personne et le propos de Tariq Ramadan qui crée le débat au sein du Cercle mais bien l'interdiction de donner la parole à un conférencier contesté dans le cadre d'un débat contradictoire ; débat contradictoire qui, faut-il le rappeler, constitue la méthode libre-exaministe par excellence. La confiance en nos valeurs et nos méthodes est-elle devenue si infime que la censure et l'autocensure apparaissent comme notre seule arme ? Peut-il y avoir un débat plein et entier lorsque l'on choisit ses interlocuteurs ?

Il est nécessaire, nous semble-t-il, de signaler que les autorités, depuis la mise en place de la nouvelle équipe rectorale, imposent aux cercles étudiants une procédure administrative de plus en plus lourde. En effet, les étudiants désirant organiser une activité doivent préalablement informer les autorités notamment quant aux intervenants et aux objectifs du projet. C'est sur cette unique base qu'est prise la décision rectorale d'autorisation ou d'interdiction de l'activité. Les autorités de l'Université Libre de Bruxelles ont-elles vraiment le droit de se poser en visage unique du Libre Examen en ces heures de crispation identitaire et de fixer seule ce qui est ou n'est pas légitime ou pertinent dans le débat ?

Dans cette perspective, il apparaît que le « chantier-valeurs » sort des rails sur lesquels les autorités l'avaient posé. En donnant à cette réalisation une interprétation certes défendable mais trop contraignante pour les acteurs-étudiants de celle-ci, les autorités offrent une vision monolithique du principe du Libre Examen. Ainsi, le Cercle s'oppose à ce qu'une ou plusieurs personnes puissent, de par leur position au sein de l'ULB, avoir le monopole de penser le Libre Examen et, partant, de poser (le terme « révéler » n'est-il pas plus approprié dans ce contexte ?) l'unique lecture valable du principe du Libre Examen ?

Les autorités ne devraient-elles pas ouvrir la porte à la communauté estudiantine au sens large pour remettre les valeurs de cette Université en question et bâtir ensemble un libre examen conforme à celui auquel aspirent les étudiants ? Mais peut-être est-ce un débat qui, là encore, restera « hors de nos murs »...

Une autre piste de réflexion pourrait éventuellement être envisagée et le débat pourrait être replacé sur la voie de la laïcité. En effet, au sein l'Université du Libre Examen, la laïcité est un espace de rencontre, de dialogue où toutes les options philosophiques et religieuses doivent pouvoir s'exprimer. Une laïcité qui choisit ses interlocuteurs n'est-elle pas une laïcité qui doute ?

Le Cercle du Libre Examen


Source : ProChoix

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L'Université Libre de Bruxelles (ULB) ne veut plus servir de tribune à Tariq Ramadan (par Caroline Fourest)

tariqramadan_microTariq Ramadan soulève une fois de plus la polémique. Le recteur de l’Université Libre de Bruxelles, Philippe Vincke, ne souhaite plus voir son université lui servir de tribune.

Tariq Ramadan est intervenu plus de 4 fois au cours de ces dernières années dans l’enceinte de cette université, connue pour son attachement à l'esprit critique. La dernière fois, il a participé à un débat organisé par une association étudiante turque pensé pour donner la parole aux négationnistes du génocide arménien. Choquée que l’on puisse ainsi détourner le droit à la liberté d’expression, l’Université n’avait pu annuler le débat à cause de pressions émanant de l’ambassade de Turquie. Celle dernière ayant menacé d’incident diplomatique si ce « débat » était déprogrammé... Conscient de servir de relais malgré eux à une propagande liberticide et obscurantiste, l’université avait toutefois prévenu : désormais, Tariq Ramadan ne serait plus le bienvenu. Lui-même avait rétorqué qu’il ne remettrait plus les pieds dans cette université « liberticide ».

Il faut croire que l’envie de susciter la polémique et de pouvoir se poser une fois de plus en martyr a été plus forte… Car Tariq Ramadan est revenu. Cette fois à l’invitation du Cercle des étudiants arabo-européens (CEAE), qui entendait organiser un débat contradictoire le 22 mars dans le cadre de la "Semaine d'actions contre le racisme". Un cadre parfait pour semer la confusion et crier à « l’islamophobie » voire à la censure en cas de refus — prévisible — de l’Université… "Il n'est pas question d'interdire de parole certaines personnes ou de stigmatiser certaines communautés, mais simplement de réaffirmer nos valeurs, le libre examen, le combat d'idées contre toute attitude liberticide, tout obscurantisme", commente Emmanuelle Damblon, conseillère du recteur de l'ULB. "Au nom de la tolérance, l'ULB a trop souvent été prise en otage par des groupes qui nous ont peu à peu éloignés de l'esprit du libre examen ».

Climat empoisonné et débat piégé

Plusieurs naïfs, dont le Cercle du Libre Examen, crient au scandale. Quitte à tomber dans le piège tendu par le prédicateur et ses amis — partisans de la censure lorsqu’il s’agit de jouer une pièce de Voltaire ou de publier des dessins sur Mahomet mais défenseurs de la liberté d’expression quand il s’agit de l’instrumentaliser au service de leur propagande liberticide.

En fait de débat contradictoire, l'association organisatrice a d'ailleurs invité le contradicteur de Tariq Ramadan (Philippe Grollet du Centre d'Action laïque) à la dernière minute; pour utiliser son nom et sa caution auprès des médias... alors que l'Université avait déjà fait savoir son refus de recevoir Tariq Ramadan et que la polémique enflait.

Des affiches ont été placardées un peu partout sur les murs de l’université contre cette décision. Emmanuelle Damblon, récemment nommée auprès du recteur pour clarifier les « valeurs » du libre examen et éviter typiquement ce genre de dérives, a reçu des menaces et des insultes, par courrier et par mail. « Je croise aussi des jeunes filles qui me disent de tenir bon. Elles ont trop peur pour nous soutenir officiellement à cause de la pression exercée sur elles au nom de la solidarité communautaire… Nous en sommes là : une université où règne la peur. »

Qu’importe ce climat inquiétant. Pour Le Cercle du Libre Examen, « une laïcité qui choisit ses interlocuteurs est une laïcité qui doute » (lire leur tribune). Face aux procès d'intention, Emmanuelle Damblon et le recteur de l’Université Libre de Bruxelles ont répondu par le biais d’une « Carte blanche » publiée dans Le Soir du 1er mars 2007 : « ni Munich ni la Chasse aux sorcières » : « Notre volonté est d'ouvrir une troisième voie face à ces deux extrêmes, en attirant l'attention de la communauté sur la montée de discours potentiellement obscurantistes, même si ceux-ci adoptent un langage politiquement correct. Aucun d'entre nous n'accepterait la venue sur le campus d'un leader d'extrême droite xénophobe. Nous avons le devoir de ne pas faire deux poids et deux mesures » (Lire la tribune en entier).

En attendant, le débat prévu par les organisateurs du Cercle des étudiants arabo-européens sur le thème "La société dominante n'est-elle pas plus communautariste que les minorités ?" est maintenu. Son président, Azzedine Hajji, président du CEAE, songe à remplacer Tariq Ramadan par Vincent Geisser ou Laurent Lévy, qui tiennent des positions en effet très proches de celles du prédicateur. Sans avoir toutefois la même influence intégriste.


Caroline Fourest

PS : Le débat se poursuivra également le 13 mars — puisque je suis moi-même invitée depuis plusieurs semaines par l’Université Libre de Bruxelles pour un débat qui promet d’être animé sur les questions de vivre-ensemble (entre valeurs universelles et respect des libertés individuelles) et de liberté d’expression (où sont les limites ?)

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28 janvier 2007

Tariq Ramadan face à Villiers : le choc des intégristes (par Caroline Fourest)

Le face à face orchestré sur Ripostes par Serge Moati entre Tariq Ramadan et Phlippe de villiers a été tel qu'on pouvait s'y attendre : une passe d'armes inaudible et caricaturale accréditant dangereusement l'idée du choc des civilisations. Le seul message délivré par ce moment de télévision étant l'image physique de ces deux hommes, devenus pour l'heure l'incarnation des deux seules postures possibles.

devilliersD'un côté, un intégriste chrétien maniant les approximations, les amalgames, usant du complotisme pour agiter la peur envers l'islam (allant jusqu'à dire que Ramadan tirait les ficelles des émeutes !). Et de l'autre, un intégriste musulman esquivant sans mal les escouades mal portées, et n'ayant aucune difficulté à apparaître comme le camp de la raison. Malgré ce regard, qui le trahit désormais. De fait, il combat le modernisme tout autant que Philippe de Villiers. Simplement, l'un le fait au nom de la foi chrétienne et l'autre au nom de la foi musulmane. ramadan_tariq_2

J'aurais eu des questions embarassantes à poser à ces deux hommes.

Au lieu de demander pour la millième fois à Tariq Ramadan pourquoi il a osé proposer un "moratoire sur la lapidation" (ce qui est l'une de ses prises de positions les plus progressistes), au lieu de tomber dans le panneau de vouloir lui faire dire qu'il est contre les châtiments corporels (encore heureux, il n'est ni un taliban ni un salafiste littéraliste mais un réformiste salafiste !), je lui aurais tout simplement demander de nous dire pourquoi il enseigne à ses fidèles que Hassan al-Banna, le fondateur de l'islam politique totalitaire, est le "plus grand réformateur" de l'islam...

Quant à Philippe de Villiers, qui se drape dans le manteau de la République, j'aurais aimé lui rappeler que son numéro deux, Guillaume Peltier, a fait ses armes dans des groupuscules intégristes chrétiens et que lui-même a écrit une lettre "aux coupeurs de tête" pour célébrer — à sa manière — le bicentennaire de la révolution française...

En réalité, malgré les apparences, Tariq Ramadan et Philippe de Villiers ont beaucoup de points communs. De même qu'il faut arriver à refuser ceux qui voudraient nous pousser soit dans le camp de Ben Laden soit dans celui de Bush, il est temps de dire que le débat public français mérite mieux que Tariq Ramadan face à Philippe de Villiers.

Caroline Fourest

Pour en savoir + sur Tariq Ramadan

http://www.dailymotion.com/visited/search/tariq%2Bramadan/video/xdrxx_envoyespecialquiesttariqramadan


Source : le blog de Caroline Fourest

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15 novembre 2006

L'autre histoire de Tariq Ramadan (à propos de sa biographie de Mahomet) par Dominique Avron

mahometSa biographie de Mahomet ne respecte pas les dernières recherches scientifiques

L'automne 2006 place Tariq Ramadan au coeur de l'actualité. La parution simultanée en plusieurs langues de Muhammad, vie du Prophète (Presses du Châtelet), s'inscrit dans un programme médiatique chargé tant sur la Toile (oumma.com) que dans la presse, en attendant la Vérité sur Tariq Ramadan, sa famille, ses réseaux, sa stratégie (Favre, novembre 2006), ouvrage rédigé par le journaliste Ian Hamel. Senior Research Fellow à l'université d'Oxford, Tariq Ramadan vient de lancer un Manifeste pour un nouveau "Nous". Appel aux Occidentaux musulmans, et à leurs concitoyens et son engagement dans les débats portant sur «la place de l'islam en Occident» lui vaut d'avoir été classé par le magazine Time parmi les 100 plus influents penseurs de notre époque et d'être courtisé dans l'ombre, selon ses dires, par des hommes politiques français.

C'est au nom d'un dialogue franc lecteur attentif de ses ouvrages que je m'autorise à réagir une nouvelle fois, tant l'enjeu m'apparaît grave, comme citoyen, enseignant et historien spécialisé dans l'étude du fait religieux contemporain. Tariq Ramadan propose un portrait de la figure fondatrice de l'islam sous les traits d'un modèle d'humanité, guide doué d'une grande intelligence, «avertisseur», honnête et efficace en affaires, fin stratège, «prophète», considéré comme élu et inspiré, avant tout ouvert à l'adoration de Dieu, «l'Unique». Le caractère exceptionnel de la figure de Muhammad (Mahomet) ne fait pas débat chez celles et ceux qui ont pris la peine de l'étudier, les divergences interviennent lorsqu'il s'agit de qualifier telle parole ou telle attitude ; quant à sa dimension prophétique, elle relève de la foi islamique, respectable au même titre que les autres. Le problème fondamental posé par l'ouvrage de Tariq Ramadan est ailleurs : dans la prétention à l'historicité de son récit.

En ce sens, l'affirmation «Adam, le premier des Prophètes» fait sursauter, elle est suivie d'autres qui heurtent la conception de ce que nous appelons l'«Histoire». La venue d'Abraham et d'Ismaël dans l'ancienne vallée de Bacca, devenue La Mecque, et l'érection d'Al Ka'ba («la maison de Dieu») sont présentées comme appartenant au registre des «simples faits», et Tariq Ramadan de préciser : «Sur le plan strictement factuel, le Prophète Muhammad est un descendant des enfants d'Ismaël.» Il y a quatre-vingts ans, le grand écrivain égyptien Taha Hussein s'interrogeait sur les modalités d'expression de l'historicité du personnage «Abraham» et, dans cette veine, faisant référence au fameux Dictionnaire de Pierre Bayle, Dariush Shayegan posait un demi-siècle plus tard le problème de l' «hiatus de l'Histoire» dans les aires culturelles à la périphérie de l'Europe ( le Regard mutilé , Albin Michel) ; Tariq Ramadan n'a visiblement pas surmonté cet hiatus. Les «apparitions» de «l'ange Gabriel» ( «parfois en personne, parfois sous la forme d'un homme» ) sont inscrites dans un discours qui prétend rendre compte de l' «expérience historique du Messager» . Jamais, lorsque des «visions», «rêves», «visites» et autres «signes» sont évoqués, il n'est précisé que le propos se situe dans le domaine de l'acte de foi, jamais l'auteur ne se demande si les conditions sont réunies pour parler d'un «ange» dans ce qui est présenté comme une «biographie» à un lectorat de musulmans et de non-musulmans.

Adossé à ce qu'il appelle les «sources islamiques classiques», «la majorité des exégètes du Coran», «les normes reconnues par les savants et les sciences islamiques», Tariq Ramadan ignore la question essentielle du passage de l'oralité à l'écrit, il n'entreprend pas le début d'un commencement de critique sur l'établissement de la relation de la vie de Muhammad par Ibn Hishâm soit quelque dix générations après l'Hégire , alors que Abdesselam Cheddadi a récemment publié un ouvrage remarquable sur cette question ( les Arabes et l'appropriation de l'histoire, Sindbad-Actes Sud) et il n'envisage pas la moindre approche critique des recueils de ahâdîth , principalement ceux d'Al Bukhârî et de Muslim, qui cherchent à restituer les faits et dits du prophète de l'islam, au travers d'une chaîne de transmetteurs longue de deux siècles. L'histoire, la sociologie, l'archéologie, l'épigraphie, la linguistique, la sémiologie l'herméneutique sont des disciplines étrangères à Tariq Ramadan.

La confusion des registres, par ignorance de ce qu'il est commun d'appeler les sciences humaines et du langage, provoque une crise grave dans les esprits de certains de nos élèves ou étudiants. Choses vécues : «Monsieur, est-ce vrai qu'Adam parlait arabe ?» ; «Monsieur, Abraham a-t-il voulu sacrifier son fils Isaac ou son fils Ismaël ?» ... sans parler des interrogations portant sur les parties du corps féminin qu'il faudrait, ou non, recouvrir d'une pièce de tissu selon les canons d'une pudeur qualifiée d' «islamique» ou du caractère «licite» de telle ou telle banque qui se prétend «islamique» . Tariq Ramadan affirme proposer un travail d' «approche contextuelle», il flirte en fait avec l'esprit de ces clercs essayant, au XIXe siècle, d'opposer une «science catholique» à ce qu'ils appelaient la «science moderne» . Le propos de notre «intégraliste» brille par quelques traits aguichants (amour, paix, justice, égalité, souci de l'environnement), mais celui qui affirme appartenir à deux «cultures» ne transige que superficiellement avec l'une et sélectionne ce qui lui convient dans l'autre, manière d'humilier une raison quand il l'invite à l'humilité.

Je ne gloserai pas sur ces euphémismes pour évoquer l' «avance musulmane» dans la péninsule Arabique, au lieu du terme «conquête». Je laisse le soin aux intellectuels qui s'expriment au nom du judaïsme et du christianisme de discuter la pertinence des piques de Tariq Ramadan concernant la «faute», le «tragique humain» ou la polémique concernant une «Trinité» jamais définie. Etre musulman, c'est croire que Dieu se fait parole selon ce qu'a exprimé Muhammad. Rien n'interdit d'essayer d'en penser les modalités sinon le poids d'une tradition tronquée. A la charnière des VIIIe et IXe siècles, avec des outils conceptuels hérités de la Grèce antique et en écho à des problématiques que se posaient et que se poseront des juifs et des chrétiens, des musulmans ont cherché à formuler comment «l'Eternel» pouvait entrer dans l'espace et dans le temps sous la forme d'un verbe. Certains de leurs écrits ont été retrouvés puis édités dans les années 50-60, grâce au travail de Ahmad Amîn notamment. Serions-nous donc si timorés qu'il faille aujourd'hui faire retomber les mu'tazilites dans l'oubli, et avec eux bien des esprits musulmans libres ?

Dominique Avron

Dominique Avon maître de conférences en histoire contemporaineà l'université Montpellier-III. Dernier ouvrage paru : les Frères prêcheurs en Orient, Cerf, 2005. Source Libération (Rebonds) : mercredi 15 novembre 2006

Source : ProChoix

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30 septembre 2006

Tariq Ramadan clément envers le Pape mais pas envers Charlie Hebdo ! (par Caroline Fourest)

couvs_charlie_hebdoLes lecteurs du Point sont habitués à voir Tariq Ramadan interviewé à la moindre occasion. Le journal de Franz-Olivier Giesbert lui ouvre régulièrement ses colonnes. Cette semaine, c'est Elisabeth Lévy qui s'est chargée de l'interroger une fois de plus à propos... du pape. Les réponses de Tariq Ramadan sont pour une fois remarquablement claires et conciliantes : "Rien dans le texte du pape ne me paraît mériter des excuses. Certes, ces incidentes sur l'islam dans son rapport à la raison et à la violence sont désobligeantes. Sur ce point, sa réflexion est superficielle, peu explicite et malhabile. Mais la disproportion de la réaction me paraît très grave".

Vu l'énormité des propos du pape, c'est extrêmement peu vindicatif. Etonnant ? Sauf si l'on sait que Tariq Ramadan doit son aura et la sauvegarde de sa légitimité intellectuelle en grande partie aux cercles du dialogue islamo-chrétien. En particulier aux universitaires chrétiens (comme ceux de Notre-Dame où il devait enseigner aux USA) qui comptent sur lui pour ouvrir au nom de l'Islam le verrou qui les empêche de renégocier la laïcité à la française... au profit du christianisme.

Ne confondons donc pas cette clémence avec une réelle ouverture d'esprit ou sincérité. Si Tariq Ramadan était franc, il aurait tenu le même discours au Point que dans sa cassette sur le « L’islam et le fondamentalisme religieux »*. Au lieu de soigner son image d'intellectuel musulman tolérant. Dans cette cassette, il vante le recours à la raison des fondamentalistes musulmans comme étant bien plus évolué que le fondamentalisme chrétien. A l’écouter, en islam, il n’existe aucun conflit entre la foi et la raison puisque, je cite, « le Coran nous oblige à la pensée ». Ce qui est une façon de sous-entendre que la Bible non. Le même vous dira qu’il « est normal qu’un musulman lise le Coran en adoration » puisque le Coran est une « source qui vivifie l’intelligence » et non « une source qui l’enferme ». Pour lui « toute la différence est là »*.

Pour des propos autrement moins choquants que ceux du Pape, Charlie Hebdo ne bénéficie pas de la même tolérance de la part du prédicateur. Voici ce qu'il écrit sur son site : "Robert Ménard, de Reporters Sans Frontières m’avait un jour demandé si l’on avait le droit d’être islamophobe. J’avais répondu qu’on avait le droit d’être islamophobe comme on avait le droit, vous me passerez ici l’expression, d’être « con ». Voilà Charlie-Hebdo qui publie à son tour les caricatures dans le but évident de provoquer et de montrer, en grand champion de la liberté absolue d’expression, qu’il ne cède pas devant la menace. La rédaction a ajouté un dessin avec un commentaire où le Prophète s’apitoie en s’exclamant : « C’est dur d’être aimé par des cons ». Quel courage ! Faut-il poursuivre en justice, s’alarmer, crier au scandale ?! C’est manifestement ce que cherchent les responsables de l’hebdomadaire qui a tellement viré à droite sur cette question ces dernières années, qu’en perspective Nicolas Sarkozy apparaît bien ancré à gauche. Convoquer la justice est inutile et vain. Il vaut mieux s’en tenir à la logique implacable de l’algèbre : Etre traités de « cons » par des « cons » est une assurance mathématique d’intelligence. Pas de procès, pas d’interdiction...laissons s’exprimer le tribunal informel de l’intelligence qui est en soi accablant pour Charlie-Hebdo. Notez, soit dit en passant, que leur bêtise méchante est ici tellement abyssale qu’il se pourrait même que ce tribunal convoque à leur secours la clause des "circonstances atténuantes". Tant de bêtises haineuses tiennent en effet davantage de la psychothérapie que du débat d’idées. Quand l’insignifiance et la stupidité se font arrogance, il vaut mieux passer son chemin. Paix, Salam".

On reconnaît bien là la malhonnêteté du prédicateur consistant à "omettre" que la phrase de Mahomet à la une de Charlie s'adressait aux intégristes (comme le souligne le sous-titre : "Mahomet débordé par les intégristes) et non aux musulmans. On lui reconnaîtra qu'il n'est pas assez "con" pour se mettre au niveau de l'UOIF et recourir aux tribunaux. Mais attention une fois de plus à ne pas se méprendre : cette attitude n'est en rien guidée par la tolérance mais par le mépris ! Abyssal.

Caroline Fourest

  • Cassette de Tariq Ramadan, « L’islam et le fondamentalisme religieux », QA 11, Tawhid.

Source : ProChoix

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13 novembre 2005

A propos de l'article de Tariq Ramadan "C'est l'ensemble de la classe politique Française qui se trompe ..."

Ni Putes Ni Soumises est un mouvement né dans les quartiers populaires français en 2003 suite à la Marche des Femmes contre les Ghettos et pour l’Egalité. Cette marche a dénoncé les violences faîtes aux femmes et le phénomène de ghettoïsation des banlieues françaises. Quelques mois avant la marche, la mort de Sohane, jeune fille brûlée vive dans un local à poubelles parce qu’elle refusait le machisme, est l’emblème de toute cette génération qui se bat contre l’oppression des femmes et pour l’égalité des droits.
Ni Putes Ni Soumises est un mouvement citoyen, mixte et laïque qui revendique clairement son attachement aux valeurs républicaines « Liberté, Egalité, Fraternité » Ce mouvement accueille des femmes et des hommes de tout âge, de toute origine, de toute confession et de tout bord politique et est donc représentatif de la diversité française.
Ni Putes Ni Soumises est aujourd’hui présente sur le terrain à travers 60 comités qui sont chargés d’accueillir des jeunes femmes victimes de violences.
Fadela Amara, Présidente du mouvement Ni Putes Ni Soumises, est une femme engagée qui lutte contre les intégrismes religieux, dénonce les violences faîtes aux femmes et se bat pour que les jeunes issus de l’immigration soient pleinement acceptés dans la société française.
Fadela Amara, par l’engouement qu’elle a suscité et la justesse de ces propos, bénéficie du soutien de femmes et d’hommes politiques, de droite comme de gauche. Elle est reconnue par des féministes du monde entier qui lui ont apporté son soutien. Taslima Nasreen, écrivain Bangladaise et Nawal El-Sadaoui, féministe Egyptienne, étaient présentes cette année aux Universités de Dourdan organisées chaque année à l’initiative du mouvement.

Tariq Ramadan, prédicateur Suisse, est le petit fils de Hassan Al-Banna fondateur de la confrérie des Frères Musulmans, née en Egypte dans les années 20. Cette confrérie prône un Islam politique, totalitaire et néo-fasciste et continue d’inspirer tous les mouvements intégristes et terroristes à travers le monde. Tariq Ramadan n’a jamais condamné le programme politique de son grand père. Il intervient régulièrement sur le site islamiste www.oumma.com qui présente en surface un Islam francophone tolérant et ouvert mais qui véhicule en arrière plan des idées incompatibles avec les Droits de l’Homme comme on peut le constater aisément sur son forum d’internautes www.mejliss.com avec les multiples références au site Islam Q&R (1)
Tariq Ramadan est également signataire de l’appel des indigènes de la République. Cet appel encourage à la haine de la France qui y est qualifié « d’état colonial » Cet appel dénigre les Français de souche en les faisant passer pour d’éternels colons. Les jeunes issus de l’immigration des anciennes colonies françaises seraient quant à eux d’éternels colonisés et donc d’éternelles victimes.
Tariq Ramadan est également proche de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) qui n’est rien d’autre que la filiale française des Frères Musulmans (2) et qui a été institutionnalisé en 2003 par le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy.
Youssef Al-Qaradhawi, le mentor de l’UOIF, considère que l’Europe est une terre à conquérir au nom de l’Islam par les prêches et le prosélytisme. Al-Qaradhawi, qui dirige le conseil européen de la fatwa au côté de théologiens fondamentalistes (3), encourage le djihad contre les Juifs et les Américains ( « Il n’y a pas de dialogue entre nous et les Juifs, hormis par le sabre et le fusil »(4)), autorise les violences conjugales, justifie la polygamie, les attentats kamikazes et la mise à mort des homosexuels (5)
Le contenu des fatwas émises par le conseil européen ne peut évidemment que radicaliser les musulmans européens. Les prédicateurs de l’UOIF rejettent le principe de mixité et prônent la séparation des sexes (6)
Lorsque l’on ne connaît pas Tariq Ramadan et qu’on l’entend dire « Les musulmans doivent bien sûr continuer à être autocritiques vis-à-vis des lectures littéralistes poussant au repli communautaire », on ne peut être que d’accord avec lui. Mais lorsque l’on connaît ses liens avec l’UOIF, cette affirmation prête surtout à sourire.
Dans une confrérie, il faut savoir qu’un membre est autorisé à mentir pour ne pas être démasqué et arriver plus vite à ses fins. C’est ce qu’on appelle la takia : la dissimulation, le droit de mentir aux non-musulmans. Caroline Fourest, experte des mouvements intégristes et extrémistes, a décortiqué les cassettes et les écrits de Tariq Ramadan. Dans son livre « Frère Tariq » (7), elle met brillamment à jour son double discours.
Tariq Ramadan affirme que « la question de l’islam est réglée et ne menace en rien l’avenir de la France »
Il faut préciser que la majorité des musulmans français pratique un Islam tolérant et ne se reconnaît pas dans un mouvement radical comme l’UOIF (qui ne compte d’ailleurs que 40.000 sympathisants (8) pour 3 à 6 millions de Français potentiellement musulmans)
L’Islam en tant que religion ne menace donc en rien l’avenir de la France.
Mais, tant que l’UOIF, qui revendique un Islam politique, sera un organe représentatif des musulmans de France en lieu et place des musulmans libéraux (les musulmans libéraux se battent pour un Islam moderne et tolérant), la question de l’Islam en France comme en Europe ne sera pas réglée.

La France est une société multiethnique en pleine mutation qui assume mal sa nouvelle identité. Les discriminations à l’emploi et au logement dont sont victimes les jeunes issus de l’immigration sont un fléau et une honte pour le modèle Républicain Français.
Fadela Amara dénonce les problèmes de discrimination et le racisme qui en découle dans son livre « Ni Putes Ni Soumises »
La France traverse également une grave crise économique qui touche toutes les couches de la population (y compris les cadres). Les quartiers populaires ont un taux de chômage avoisinant les 40% parce qu’ils sont lourdement handicapés par les discriminations à l’embauche.

Pour les émeutes en banlieues, Fadela Amara, même si elle comprend les mécanismes qui amènent à la violence, condamne cette violence qu’elle considère comme une impasse. Elle encourage au contraire les jeunes à s’emparer des outils de la République (droit de vote, militer dans un parti politique ou une association) pour faire entendre leur voix.
Fadela Amara a choisi de militer au Parti Socialiste ce qui lui est souvent reproché par les intégristes musulmans qui considèrent le Parti Socialiste comme un parti sioniste qu’ils exècrent. Les personnes issues de l’immigration maghrébine qui ont réussi et qui font parti d’un grand parti politique Français (Fadela Amara , Malek Boutih ou Rachid Kaci pour ne citer qu’eux) sont considérés comme des traîtres par les intégristes musulmans.
Les intégristes musulmans, minoritaires mais activistes, s’approprient la souffrance des jeunes victimes de discrimination et de chômage, leur proposent de s’en sortir par le biais de la religion. Ils utilisent la colère des jeunes pour les tourner vers un Islam radical et atteindre ainsi leur but : islamiser la société française.
L’extrême droite française, quant à elle, alimente la confusion entre l’Islam (religion) et l’Islam politique. Elle se sert de la peur suscitée par la présence de millions de musulmans en France pour élargir son électorat.
L’Islam politique et l’extrême droite française se nourrissent l’un de l’autre pour attiser la haine et la peur. Chacun utilise le discours de l’autre pour parvenir à ses fins. Défendant les mêmes thèses antisémites et anti-féministes, ils ne sont en réalité que les deux faces d’une même pièce.
De véritables haines sont en train de se développer durablement en France : haine à l'égard des immigrés et des musulmans, haine à l'égard des français de souche. Ceci aboutira probablement à une violente confrontation qui apparaît de plus en plus inéluctable.
Fadela Amara est au contraire une femme de paix qui se bat pour l’égalité et qui, à travers des idées laïques et universalistes, est capable de rassembler les Français de toute origine et de proposer une véritable alternative à cette probable confrontation.

Partant de la fracture sociale qui traduit d’abord un malaise économique, Tariq Ramadan nous amène vers un sujet qui n’a rien à voir : l’Islam et la laïcité. Il ajoute d’ailleurs sur la loi de 1905 qui institutionnalise le principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat :
« Il n’y a pas à réformer la loi de 1905 ; il est question, simplement et urgemment, de l’appliquer complètement et égalitairement »
Il faut savoir que Tariq Ramadan a une tout autre conception de la laïcité. Dans sa lecture de la loi de 1905, il ne voit aucune raison à l’interdiction au port du foulard islamique à l’école et c’est une brèche qu’il souhaite exploiter.
Mais cette question a déjà été tranchée : la loi du 15 mars 2004 interdit le port de signes religieux ostensibles à l’école de la République.

Pour comprendre la laïcité, spécificité Française, il faut se replonger dans l’Histoire de France.
Au 4ième siècle, le concept d’hérésie, arsenal répressif pour lutter contre les déviances religieuses, est créé. Lorsque le christianisme devient religion d’état en 380, les persécutions et l’intolérance deviennent la règle et les premières persécutions à l’encontre des païens ont lieu. En 1233, la papauté radicale systématise la chasse aux sorcières et créé l’inquisition, tribunal de foi habilité à mener toute enquête concernant les déviations religieuses et à pratiquer pour cela les sévices corporels.
Pendant 15 siècles, les chrétiens vont pourchasser, martyriser, massacrer les minorités religieuses dont seront tour à tour victime les païens, les juifs, les protestants.
La Révolution Française de 1789 marquera dans les faits la pensée des philosophes des lumières qui ont dénoncé les persécutions perpétrées au nom de la religion.
La déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 stipulera que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. La déclaration mettra un terme aux discriminations liées à la religion. Les ordres religieux seront supprimés. La Révolution Française sera la première formulation de la séparation de l’Etat et de l’Eglise. Plus d’un siècle plus tard, s’ensuivront la loi de 1882 (séparation de l’Eglise et de l’école publique) et la loi de 1905 qui réaffirmera le principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
La laïcité est donc un idéal de liberté et d’égalité. La laïcité permet de croire et de penser sans contrainte et de vivre librement ses options spirituelles. La laïcité permet de promouvoir ce qui est commun à tous par delà les différences. Elle permet de se protéger du fanatisme religieux, des intolérances et des attitudes d’exclusion pratiquées au nom d’une religion ou d’un particularisme.

En France, il est incontestable que des jeunes filles portent le foulard par choix personnel, foi religieuse ou pour affirmer une identité qu’elles jugent bafouée par les discriminations. D’autres portent le foulard car elles subissent des pressions de la part de certains garçons qui ne respectent pas les femmes non voilées qu’ils considèrent comme des « filles faciles »
Les années 90 ont été marquées par l’arrivée en France d’intégristes venus de l’étranger (des membres du FIS ont notamment obtenu le statut de réfugié politique en France avant le commencement de la guerre civile mais également après) La présence d’imams intégristes dans certains quartiers (ayant des interprétations très dures des textes sacrés envers les femmes) est responsable de cette dégradation des rapports homme femme.
L’école, publique et laïque, apparaît donc comme un espace de liberté dans lequel il faut protéger les jeunes filles qui souhaitent s’émanciper. Le but premier de la laïcité étant en effet de protéger les libertés de conscience.
L’égalité homme femme représente ce qu’il y a de pire pour les intégristes musulmans qui la remettent très gravement en question en rejetant le principe de mixité : apparition de plages horaires non mixtes dans les piscines, refus de se faire soigner par une personne de sexe opposé dans les hôpitaux, apparition du foulard islamique à l’école et dans les administrations Françaises, apparition de la burka et du tchador iranien dans les lieux publics qui traduit un retour à l’obscurantisme inquiétant.
Il était donc indispensable de réaffirmer le principe de laïcité mais aussi l’égalité homme femme.
La loi du 15 mars 2004 qui interdit, sous peine d’exclusion, le port de signes religieux ostensibles à l’école a été approuvée par la majorité de l’opinion publique. Cette loi ne concerne que les écoles, les collèges et les lycées publics. Elle n’entrave donc pas le libre exercice du culte des femmes musulmanes qui restent tout à fait libres de porter le foulard dans la sphère privée.
Les intégristes musulmans et certaines organisations d’extrême gauche qui les soutiennent n’ont pas digéré la loi du 15 mars 2004.
Adeptes du double discours, les cadres de l’UOIF, qui prétendent respecter la laïcité lorsqu’ils s’adressent aux médias, ont encouragé les jeunes filles à enfreindre la loi dès la rentrée scolaire de septembre 2004.
Faire entrer le foulard islamique à l’école n’est rien d’autre qu’une stratégie des intégristes qui essayent d’ouvrir une brèche dans le modèle Républicain. Le foulard islamique est le cheval de bataille de l’Islam politique. Il a d’ailleurs fait partie de la stratégie des islamistes en Algérie.

Tariq Ramadan met à mal le modèle Républicain lorsqu’il affirme « L’unité de la République, idéalisée jusqu’à l’ivresse dans le discours politique, est, sur le plan social, un mythe et un mensonge »

Le modèle laïque Républicain a permis aux êtres humains de s’émanciper et de vivre libres comme le démontre l’Histoire de France : ce n’est donc pas un mythe.
Aujourd’hui, les populations issues de l’immigration sont fréquemment victimes de discriminations, soit à l’embauche soit au logement, et ne jouissent nullement de l’égalité des chances qui devrait correspondre à l’égalité des droits pourtant proclamée. Tout se passe comme si les beaux principes de la République sonnaient faux.
Les partisans de la tolérance à l’égard des signes religieux à l’école invoquent les discriminations sociales et économiques pour appeler au refus « d’une autre exclusion »
Mais cette tolérance ouvrirait les portes à tous les communautarismes qui fractionneraient indéfiniment la République une et indivisible.
Au contraire, la lutte sociale contre les discriminations peut aller de pair avec une authentique laïcité permettant d’unir tous les êtres humains par delà leurs différences. Et tant qu’il y aura des femmes et des hommes pour se battre afin que cet idéal d’égalité et de liberté soit une réalité pour tous, ce modèle ne sera pas un mensonge mais un espoir.

Aujourd’hui, on assiste à un retour à l’ordre moral inquiétant dans le monde entier.
En Pologne, pays membre de l’Union Européenne, des hommes politiques, récemment élus et fervents catholiques, veulent criminaliser l’homosexualité. La montée de l’Islam radical dans les pays Européens est plus qu’inquiétante. Les évangélistes chrétiens aux Etats Unis qui ont une lecture littéraliste de l’ancien testament ont de plus en plus de poids dans la société américaine.
Le Pape Benoît XVI rejette l’accès à la prêtrise par des femmes, combat farouchement l’homosexualité, n’hésite d’ailleurs pas à condamner les féministes car solidaires de la cause homosexuelle. A tout cela vient s’ajouter l’échec cuisant du modèle communautariste anglo-saxon comme l’ont tristement démontré les attentats de Londres en juillet 2005.

Le modèle laïque Républicain est donc non seulement toujours d’actualité mais apparaît comme la seule alternative aux intégrismes religieux qui reviennent en force dans le monde entier et qu’il faut combattre coûte que coûte.

Caroline Brancher


Sources et bibliographie :

(1) Le site Islam Q&R se trouve sur http://63.175.194.25/index.php?ln=fre
http://63.175.194.25/index.php?ln=fre&ds=qa&lv=browse&QR=70256
« Vous devriez inculquer (à vos enfants) la haine pour la civilisation occidentale et les informer de ce en quoi elle est contraire aux lois (religieuses) et à la nature saine »
http://63.175.194.25/index.php?ln=fre&ds=qa&lv=browse&QR=8981&dgn=4
« Si la femme (coupable) a déjà été légalement mariée, elle doit être lapidée jusqu’à ce que la mort s’en suive. »
http://63.175.194.25/index.php?ln=fre&ds=qa&lv=browse&QR=2104&dgn=4
« Si vous trouvez des personnes en train de pratiquer la pédérastie tuez-les toutes les deux »

(2) « OPA sur l’Islam de France : les ambitions de l’UOIF » de Fiammetta Venner, éditions Calmann-lévy :
Sur la couverture, au dos du livre, l’auteur dit à propos de l’UOIF : « il ne s’agit pas de n’importe quelle organisation musulmane , mais de la vitrine française de l’Islam des Frères Musulmans, la plus politique et la plus redoutable des confréries islamistes. »
Tariq Ramadan intervient régulièrement au côté d’islamistes au congrès organisé chaque année par l’UOIF. Voir chapitre 9 : le congrès du Bourget, page169.

(3) « OPA sur l’Islam de France : les ambitions de l’UOIF » de Fiammetta Venner, éditions Calmann-lévy : Chapitre 4 : le conseil européen de la fatwa et de la recherche, les membres du conseil, page 82.

(4) En juillet 2004, Al-Qaradhawi a réaffirmé lors d’une interview retransmise sur Al-Jazira : «Il n'y a pas de dialogue entre nous et les Juifs, hormis par le sabre et le fusil »

(5) « OPA sur l’Islam de France : les ambitions de l’UOIF » de Fiammetta Venner, éditions Calmann-lévy : Chapitre 2 : le mentor Youssef Al-Qaradhawi, femme voile mixité page 47, la polygamie page 50, l’homosexualité page 54, le djihad contre les juifs et les américains page 55.
Chapitre 4 : le conseil européen de la fatwa et de la recherche, l’opération martyre réjouit Allah !, page 94.

(6) « OPA sur l’Islam de France : les ambitions de l’UOIF » de Fiammetta Venner, éditions Calmann-lévy : Chapitre 3 : les prédicateurs de « nouveaux travailleurs sociaux » ?, page 71.

(7) « Frère Tariq » de Caroline Fourest aux éditions Grasset.

(8) « OPA sur l’Islam de France : les ambitions de l’UOIF » de Fiammetta Venner, éditions Calmann-lévy : Conclusion, page 235.

http://femmelibre.over-blog.com/article-2334746.html

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